Usines à clic

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L’un des rêves vendus par l’intelligence artificielle est qu’elle nous libérerait à terme de la damnation du travail. Mais entre les désirs à assouvir des consommateurs et les propositions des marques commerciales, il y a des « usines à clic » qui n’ont rien à voir avec les algorithmes intelligents, et qui sont localisées dans les pays émergents où la main d’œuvre coûte beaucoup moins cher qu’une équipe d’informaticiens spécialisés dans le développement de solutions automatiques.

Antonio A. Casilli a mis au jour cette exploitation du travail dans un livre publié au Seuil sous le titre En attendant les robots Enquête sur le travail du clic. Des employés sous-payés collectent un maximum d’informations pour faire le travail du robot : textes, photos, vidéos, transactions financières et fréquentation de sites d’information ou autres… de quoi alimenter en données les algorithmes. C’est ainsi que, pour quelques centimes par clic, « les humains volent le job des robots ». C’est ce que le sociologue appelle la tâcheronnisation, une forme nouvelle de division du travail : le taylorisme numérique. Il ne signifie pas la disparition du travail mais celle des métiers, comme le souligne Dominique Méda dans la postface du livre, et surtout une forme d’occultation. C’est le cas également du modèle techno-économique des plateformes numériques, Uber et autres. « Plateformisation et tâcheronnisation se conjuguent pour précariser et vider de son sens le travail. »

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Source : L’intelligence artificielle en question

En attendant les robots, Antonio a. Casilli

Qu’est-ce que le digital labor ?: Les enjeux de la production de valeur sur Internet et la qualification des usages numériques ordinaires comme travail. (Etudes & controverses)

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